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Pourquoi manquons-nous

de légumes au Pays Basque ? 

 
Depuis les premiers pas de Lekukoa, bon nombre d'entre vous nous ont posé la question suivante :
pourquoi n'y a-t-il pas de maraîcher à proposer des livraisons près de chez moi ?
Saisonnalité, aléas climatiques, recrudescence de la demande et difficultés d'accès au foncier, les raisons de cette pénurie temporaire sont variées. Les différents réseaux derrière Lekukoa ont donc souhaité prendre le temps de vous répondre.
À la suite d'un article sur le maraîchage en Pays Basque, vous pourrez lire un entretien réalisé auprès de BLE, la CIVAM bio du territoire. Enfin, n'oubliez pas de lire notre appel à la solidarité, moyen que nous vous proposons pour venir en aide aux maraîchers matériellement touchés par les tempêtes successives de l'hiver dernier.
Il y a à ce jour en Pays-Basque Nord environ quatre-vingt maraîchers qui cultivent sur environ cent hectares de surface plein champ et dix hectares de serres. Chaque année, le territoire accueille environ trois à quatre installations,  notamment de jeunes issus du BPREA maraîchage bio du CFA d'Hasparren. La filière maraîchère se développe et se structure progressivement, mais il faut du temps pour que les choses se fassent convenablement et s'inscrivent dans la durée. 
 
Une période de "creux", liée à la saison et aux intempéries 
Nous sommes en avril et c'est naturellement la période "creuse" pour les légumes. En effet, c'est la fin des cultures d'hiver (poireau, chou, pomme de terre, courge...) et le début de la mise en place des cultures de printemps-été (courgette, tomate,...).
De plus cette année, les tempêtes ont provoqué des dégâts conséquents chez les maraichers du territoire. Une douzaine d'entre eux ont été touchés, avec un total de 5 000 m² de serres par terre, plus de 500 000€ de dégâts au total (rachat de matériel, pertes de cultures, temps de rénovation, etc...). Les maraichers ne bénéficiant que de très peu d'aides PAC, le système de calamités agricole ne fonctionnant pas pour eux, et les systèmes d'assurances des serres et cultures étant inadaptés et très onéreux, les maraichers se retrouvent seuls à payer les conséquences des dégâts.
Afin de palier à cette situation et de répondre à des besoins urgents en trésorerie (puisque c'est en cette saison que les maraichers ont le plus de dépenses pour justement planter les cultures de printemps et d'été), BLE a mis en place une caisse de solidarité: La campagne en ligne est accessible à ce lien.
De plus BLE réalise actuellement un travail de sensibilisation des pouvoirs publics et réfléchit à un système d'assurance collective pour les serres.
COVID-19 et demande accrue
L'actualité COVID 19 a engendré une augmentation de la demande de légumes  en cette période "creuse" aussi bien dans les paniers (commande doublée), que dans les magasins, qu'entre maraichers (achats-reventes pour s'entraider, etc...), que dans les distributeurs à la ferme. Et c'est tant mieux! Mais la conséquence est un déficit accentué de légumes pour la plupart des maraichers. Les maraichers qui réalisent surtout des ventes dans les marchés hebdomadaires peuvent bien sur utiliser le système LEKUKOA pour continuer leurs ventes.
Etre patients et compréhensifs

Il va donc falloir attendre la saison "naturelle" pour avoir une offre en légumes plus étoffée. Il va aussi falloir s'attendre à une diminution de la production même à l'automne prochain à cause des dégâts sur les serres.
Et il va falloir surtout falloir continuer à encourager les maraichers dans leur démarche, leur parcours, les moments difficiles. Ils sauront nous remercier dans quelques mois avec de supers bons et beaux légumes.
Plus de demande, mais moins de surfaces agricoles
Le Pays Basque connaît une forte croissance démographique depuis 1982, 45 000 nouveaux résidents s'y sont installés au Pays Basque ces 15 dernières années. Ce phénomène créé une forte concurrence sur le foncier entre les différents usages : habitat, tourisme, économie et agriculture. On observe une diminution des surfaces agricoles sur l’ensemble du Pays Basque et le prix du foncier, à vocation agricole ou non agricole, continue à augmenter.
Dans ce contexte, il est difficile de résister. Les quelques maraîchers qui continuent à travailler la terre familiale ont de grosses difficultés à transmettre leur outil de travail aux générations futures surtout dans la « ceinture verte » de Bayonne qui était pourtant une zone traditionnelle de maraîchage. Ainsi les quelques maraîchers qui se sont installés ces dernières années se sont plutôt installés dans l’intérieur des terres. L’enjeu est de préserver des terres agricoles en zone périurbaine.
On note une forte demande croissante en légumes bio dans les magasins spécialisés, dans les AMAP, les cantines ou crèches du Pays Basque, les magasins participatifs de consommateurs et producteurs. Les consommateurs souhaitent aujourd’hui des produits frais, produits localement et dans le respect de l’environnement. Pour répondre à cette demande, la filière maraîchère est largement minoritaire. Les maraîchers du Pays Basque sont installés sur des petites structures familiales et ne bénéficient pas ou peu d’aides techniques, financières ou institutionnelles : la consolidation de la filière maraîchère bio locale est primordiale.
Des opportunités existent. Les maraîchers en place offrent toute l’année une diversité de légumes car ils privilégient la vente en circuits courts. Leur travail est très exigent et requiert une grande technicité et de nombreuses heures passées au champ afin de répondre aux exigences multiples de la société, à savoir le respect de l’environnement par leurs pratiques, la création d’emploi par un fort besoin de main d’oeuvre, le lien social par leur présence sur les marchés des villes du Pays Basque.
l faut donc soutenir les maraîchers bios en place, aider les maraîchers conventionnels à évoluer vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement et accompagner les projets d’installation en maraîchage. C’est dans ce sens que l’association Biharko Lurraren Elkartea (BLE – la Terre de demain, Civam bio du Pays Basque) travaille depuis plusieurs années avec un collectif de maraîchers.
 

Interview de l’association Biharko Lurraren Elkartea, La Terre de Demain 

Entretien

Pouvez nous présenter l’association Biharko Lurraren Elkartea ?

L'association B.L.E oeuvre depuis 27 ans pour le développement de l'agriculture biologique en Pays Basque par l'information, la formation, l'échange de savoir-faire, l'expérimentation et la promotion. Plus de 300 fermes adhèrent de manière volontaire à ce projet d'agriculture écologique.

Vous travaillez avec un groupe de maraîchers du Pays Basque ?

Les pionniers du maraîchage bio en Pays Basque en 1993 étaient à la création de l’association BLE. Si au départ, ils ont beaucoup appris par eux-mêmes l’échange entre maraîchers a été enrichissant. C’est ainsi que l’association BLE a créé un poste de technicien maraîchage pour répondre aux problématiques des maraîchers.

Actuellement nous travaillons avec des maraîchers de tout horizon : des maraîchers en bio, des maraîchers conventionnels qui souhaitent évoluer dans leurs pratiques et des maraîchers en cours d’installation.

Combien de maraîchers y a-t-il aujourd’hui au Pays Basque ?

Il y a à ce jour en Pays-Basque Nord environ 80 maraichers en bio et en conventionnels qui cultivent sur environ cent hectares de surface plein champ et dix hectares de serres. Malgré les apparences, la situation a énormément évolué. 
En 2006, lorsque les premières AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) en Pays Basque se sont créées, les consommateurs ont découvert la situation du maraîchage en Pays Basque. Il manquait de maraîchers pour répondre à la demande des groupes de consommateurs. C’était un problème structurel, les maraîchers étaient peu nombreux au Pays Basque. Les consommateurs ont donc encouragé quelques maraîchers à évoluer dans leurs pratiques de producteurs, d’autres groupes ont soutenu l’installation de nouveaux maraîchers. Ainsi aujourd’hui 32 groupes de consommateurs sont constitués en AMAP et e fournissent exclusivement auprès de maraîchers locaux. Malgré les apparences, la situation a énormément évolué. 

Aujourd’hui, il y a 3-4 installations nouvelles par an notamment de jeunes en formation. Le Centre de Formation des Apprentis Agricole d’Hasparren permet d’acquérir le Brevet Professionnel du Responsable d’Exploitation Agricole spécialisé en maraîchage bio. C’est le premier pas vers une installation. La filière maraîchère s’est donc structurée progressivement. Mais cela prend du temps pour faire les choses convenablement et durablement.

Que se passe t il en cette saison, pourquoi y a-t-il peu d’offre en légumes ? 

L'actualité COVID 19 a engendré une augmentation de la demande de légumes en cette période "creuse" mais les maraîchers continuent à livrer leurs clients habituels : les commandes dans les paniers sont en hausse (commande doublée), les magasins ont une forte demande, ils s’entraident entre eux pour compléter leur offre (échange de légumes entre eux), ils vendent des paniers à la ferme ou en livraison. Ils vendent toute leur production en ce moment. Et c'est tant mieux ! Mais la conséquence est un déficit accentué de légumes pour la plupart des maraichers.

Ceux qui vendaient sur les marchés livrent certains points de distribution de LEKUKOA, mais pas tous, c’est la raison pour laquelle il n’y a pas d’offre de légumes sur tous les points de distribution LEKUKOA. Par contre, cinq maraîchers conventionnels de Bayonne se sont groupés et assurent des livraisons sur Bayonne.  

Nous sommes en avril et c'est donc naturellement la période "creuse" pour les légumes : c'est la fin des cultures d'hiver (poireau, chou, pomme de terre, courge...) et le début de la mise en place des cultures de printemps-été (courgette, tomate,...). Prenons patience, les maraîchers font tout pour être prêt à la bonne saison ; à partir de fin mai, les paniers seront naturellement remplis de beaux légumes. 

En ce qui concerne la disponibilité en fruits de saison, il y a uniquement quelques producteurs de kiwis localement jusqu’à fin avril, des fraises gariguette jusqu’en mai. Il faudra attendre fin mai pour les cerises et les premiers petits fruits rouges si la météo est clémente. 

Qu’est ce que cela suppose de produire en bio ?

Prévenir plutôt que guérir : par définition en agriculture biologique, tout produit chimique de synthèse est interdit, il faut donc énormément observer. On peut rappeler quelques principes fondateurs de l’agriculture biologique :

- Le sol c’est la base. On nourrit le sol pour nourrir la plante. Il faut apporter ce dont la plante a besoin en engrais organique ou minéraux, ni plus ni moins.

​- Le respect des rotations des cultures est un autre élément clé. On ne plante pas une même famille de plante deux fois en suivant sur le même sol. Cela permet de maîtriser le parasitisme.

- Tout est dans la prévention : il faut observer les cultures régulièrement, renforcer les défenses naturelles de la plante et choisir des variétés adaptées localement.

Nous organisons des formations en groupe, expérimentons des techniques alternatives ou publions des fiches techniques adaptées au maraîchage bio local. Ce n’est qu’un exemple mais nous avions essayé de voir quelle variété de tomate est la mieux adaptée aux conditions locales.

Quelles sont les spécificités du maraîchage biologique au Pays Basque ?

La plupart des maraîchers sont installés sur des petites structures (1 ha à 4 ha) et produisent minimum une vingtaine de légumes pendant l’année. Pour autant, il faut une  surface minimum pour assurer la rotation des cultures.

Dans d’autres régions, les structures maraîchères sont plus grandes, le travail est mécanisé et les cultures spécialisées : la diversité de légumes cultivée est moins large. C’est là toute la différence.

Offrir un panier diversifié toute l’année est un véritable casse tête. Cela demande une technicité accrue, une grande capacité de planification et un suivi au quotidien rigoureux. 

Le maraîchage diversifié demande énormément de main d’œuvre tant pour les plantations que pour les récoltes. De plus, tous les travaux ne sont pas mécanisables (ex. désherbage manuel de la carotte). Les maraîchers qui n’ont pas pu correctement s’équiper continuent à travailler à la main. La plupart d’entre eux valorisent leur production en vente directe, ce qui leur demande énormément de temps en dehors de l’exploitation. 

Les maraîchers débutent souvent seul. Certains d’entre eux reconnaissent qu’ils n’auraient jamais pu faire face sans l’aide d’amis ou de la famille. Ils accueillent également des apprentis sans pouvoir leur offrir un emploi durable à l’issue de leur formation. Le manque de main d’oeuvre est un problème crucial, le maraîchage est un axe non négligeable de développement économique et social en terme d’emplois. 

Existe-t-il des perspectives positives pour la filière maraîchage bio ?

La perspective la plus positive est la forte croissance de la demande localement que ce soit dans les AMAP, les magasins bios, les cantines ou les crèches. Parallèlement la filière maraîchère ne demande qu’à être structurée. Relocaliser la production maraîchère prend tout son sens avec la problématique du transport actuelle et à venir.

La ceinture verte de Bayonne était une zone traditionnellement maraîchère, il reste une trentaine de maraîchers conventionnels aujourd’hui. Certains d’entre eux s’intéressent fortement aux techniques bios. Seule une politique volontaire favorisera le maintien des terres fertiles en périphérie des villes et l’installation de nouveaux maraîchers.

Les maraîchers bios sont plutôt installés à l’intérieur des terres. Bien que dispersés, ces maraîchers ont une expérience à transmettre, ce qui est très bénéfique aux projets d’installation que nous suivons. En dix années, une trentaine de nouveaux maraîchers se sont installés et chaque année nous suivons 3-4 projets d’installation. 

L’engagement des consommateurs peut il contribuer au développement du maraîchage ?

Effectivement, la demande des consommateurs ouvre des opportunités de développement du maraîchage bio en Pays Basque, à condition qu’ils s’engagent sur le long terme.  C’est l’engagement que les AMAP du Pays Basque ont pris il y a 15 ans, les magasins participatifs de consommateurs et producteurs aussi se fournissent auprès de maraîchers locaux.

Les axes de développement sont dans l’appui aux projets de conversion en agriculture biologique et dans l’accompagnement de projets d’installation. Dans les deux cas, le consommateur doit comprendre la situation et être patient. 

Comment peut on faciliter l’installation de nouveaux maraîchers ? 

S’installer en maraîchage se prépare : il faut bien se former, acquérir de l’expérience, trouver du foncier, boucler un budget de 30 000 € à 40 000 € (hors foncier), etc. Il ne faut pas précipiter un porteur de projet, il faut qu’il prenne le temps de bien mûrir son projet et de le construire pas à pas. Nous le répétons, le consommateur doit comprendre la situation et être patient et gageons que la profession agricole et les pouvoirs publics prennent en compte ces perspectives réelles de développement de la filière maraîchère afin de répondre aux multiples exigences de la société.

Des terres plates et irrigables sont indispensables au maraîchage. Le démantèlement du foncier agricole au profit de l’habitat rend l’accès à ces terres quasi impossible à un maraîcher. Or, un maraîcher doit pouvoir travailler sur une surface suffisante pour assurer une bonne rotation des terres, d’autant plus que certaines cultures restent en place 4 à 6 mois.

Quelques candidats à l’installation en maraîchage sont à la recherche de foncier pour démarrer leur activité. Pour s’installer en maraîchage, il faut environ 3 ha de terres plates et fertiles et de l’eau à proximité. Toute proposition répondant à ces critères sera étudiée et transmise à ces candidats. Il y a le potentiel d’une dizaine d’installations à moyen terme. 

Pour en savoir plus sur BLE, ou pour les contacter, rendez-vous sur leur site : www.ble-civambio.eus

 
 

Jusqu'au bout, soutenons ceux qui nous nourrissent !

Cet hiver une dizaine de maraîchers ont été touchés par plusieurs tempêtes de vent successives. Plus de 5 000 m² de serres sont par terre, pour des dégâts estimés à 500 000 €. Les maraîchers ont perdu les cultures sous-abri, ils doivent racheter et réinstaller le matériel. Très gourmande en temps et en énergie, la reconstruction aura des conséquences sur les paniers vendus à l'été et à l’automne, quelques légumes manqueront. Les maraichers se retrouvent seuls face à cette situation, sans aide de la PAC, sans accès au système des calamités agricoles, sans système d’assurance adapté. Or leurs besoins en trésorerie sont grands en ce moment. Il leur faut mettre les cultures de printemps en place, acheter les semis, les plants, les engrais organiques, etc… 

Nous tentons de sensibiliser les pouvoirs publics à cette situation. Nous souhaiterions mettre en place un système d’assurance collective pour les serres maraîchères. Avec le changement climatique, il faut s’attendre à des tempêtes violentes et répétées.  Or si nous voulons relocaliser la production de légumes biologiques au Pays Basque, il est important de soutenir nos producteurs, de ne faut pas laisser les maraîchers prendre seuls les bourrasques. Continuons à encourager les maraichers dans leur démarche, dans ces moments difficiles ! Ils sauront nous remercier dans quelques semaines avec de bons et beaux légumes, à la saison « naturelle ». 

Avec l’association Biharko Lurraren Elkartea (BLE – Civam bio du Pays Basque), nous lançons un appel à solidarité pour aider les maraîchers touchés à se relever. 

 

Ipar Euskal herriko baratzezaingoaren egoera 

Baratzezaingoa zenbakietan
Ipar Euskal Herrian 80 bat baratzezain dira, laborantza biologikoan direnak eta ez direnak kontutan harturik. Guztira, ehun hektara alor lantzen dituzte eta hamar hektara negutegiren jabe dira. Urtero hiruzpalau pertsona berri plantatzen dira baratzezaingoan, zeintzuak gehienak Hazparneko Aprendiz eskolatik ateratzen baitira, baratzezaingo biologikoan berezitua den BPREA diploma pasatuz. Baratzezaintza garatzen eta egituratzen ari da emeki. Denbora behar da gauzak behar den bezala eta iraunkortasunez egiteko. 
Sasoinean sasoinekoak 
Apirilean gira eta naturalki baratzekari guti da sasoi hontan, neguko barazkiak bukatzen ari dira (porru, aza, lursagar, kuia,…) eta primadera-udako landatzeak doi-doia hasten dira (kuiatxo, tomate,…). Gainera negu hontako haize tenpestek kalteak eragin dituzte baratzezainen etxaldeetan; dozena bat baratzezainek negutegiak galdu dituzte 5000 m² negutegi lurrean izanik, eta 500 000 €-ko galerak eraginez (ordezko material berria erostea, azpian ziren barazkien galtzea, negutegiak berriz eraikitzeko lan denbora,…). Europako laborantzarako laguntzak eremuaren arabera kalkulatuak direnez, eremu ttipietan ari diren baratzezainek diru laguntza guti dute, laborantzako kalte sistema ez da egokia haientzat eta biziki garestiak dira. Ondorioz hondamendi horiek berek ordaindu behar dituzte. Diru gehien behar duten garaian eta egoera honi buru egiteko (sasoi hontan dituzte urteko hazi eta landare inportanteenetakoak ordaindu behar), Biharko Lurraren Elkarteak elkartasun kutxa bat ideki du  : lien vers notre collecte solidaire
BLE elkartea botere publikoekin mintzatzen ari da egoera honen berri emateko; bestalde, negutegi asegurantza sistema kolektibo bat plantan ezartzen ari da. 
COVID-19
COVID 19 krisiarekin bertako baratzekarien galdea azkarki emendatu da, barazkien sasoina apalenean delarik. Saskien manuen gorakada nabarmena da, batzuetan doblatu ere egin da eskaera. Saltegietan ere salmentak azkartu dira,  baratzezainek baratzekariak elgar trukatzen dituzte, eta salmenta zuzena azkartu da, banatze sistemaren bidez. Hainbat hobe !Ondorioz lekuko baratzezain gehienek barazkiak falta dituzte. Merkatuetan ibiltzen direnek ere salmenta guneetan parte har dezakete.
Pazientzia hartu eta egoera ulertu. Barazkien sasoi naturala goaitatu beharko da, baratzekarien eskaintza oparoagoa izateko. Negutegietan pairatu kalteengatik, barazki batzuk faltatuko dira udan, baita larrazkenean ere. 
Ipar Euskal Herriko jendetza azkarki emendatu da 1982 urteaz geroztik, azken 15 urteetan 45000 bizizale berri plantatu dira Ipar Euskal Herrian. Egitate honen ondorioz, konkurrentzia azkarra sortzen da lurraren baliapen desberdinen artean : etxebizitza, turismoa, ekonomia eta laborantza. Laborantzako lurrak gibelatzen ari dira Ipar Euskal Herrian eta prezioak sekulan baino gorago dira, izan laborantzako lurrak edo beste.
Zaila da egoerari ihardukitzea. Baiona inguruan diren baratzezain familia zaharrek, familiako lurrak transmititzeko tenorean zailtasun handiak dituzte. Alta aspalditik hor dira, eta hor izateak zentzu handia badu. Azken hamarkadetan plantatu diren baratzezain oro, barnekaldean kokatzen dira. Hiritik hurbil diren laborantzako lurrak babestea ezinbestekoa da.  
Barazki biologikoen galdea emendatu da azkarki azken urteetan: saltegi berezituetan, AMAP erosle taldeetan, eskola edo haurtzaindegietan, laborari eta kontsumitzaileen saltegietan eta abar. 
Erosleek ekoizpen freskoak nahi dituzte, bertan ekoiztuak eta ingurumenaren errespetuan. Eskaera horri ihardesteko, baratzezain kopurua ez da urrundik aski. Ipar Euskal Herriko baratzezainak etxalde ttipietan plantatuak dira, eta gainera laguntza tekniko guti dituzte kolektibitate eta diru emaileen partetik. Tokiko baratzezaingo biologikoaren geroa bermatzea baitezpadakoa da. 
Aukerak badira ordea. Baratzezainek barazki ainitz ekoizten dituzte urte osoan zehar eta gehienek zirkuito laburretan saltzen dituzte. Ofizioak ahalegin handia eskatzen du: ordu ainitz da eta arras teknikoa da. Baina bere fruituak dakartza: jendeartearen behar ainitzei ihardesten dute, ingurumenaren errespetuan lan egiten dute, eskulan frango denez enpleguak sortzen dituzte, hirietako merkatuetan ibilz jendeen arteko lotura sortzen dute,…
Laborantza biologikoan ari diren baratzezainak sustatu behar dira, eta orain arte molde konbentzionalean aritu direnak, lan egiteko modua alda dezaten konbentzitu behar dira. Plantatzen ari direnak ere lagundu behar dira. Zentzu hortan dira Biharko Lurraren Elkarteko (BLE elkarteak, Euskal Herriko Civam bio adarra) kideak taldean lanean ari.

BIHARKO LURRAREN ELKARTEAREN ELGARRIZKETA 

Biharko Lurraren Elkarteak, 27 urte hauetan, laborantza biologikoa garatzen du informazioa ekarriz, formakuntzak eginez, jakitatea trukatuz, esperimentazioak eta promozio lan bat eginez. Laborantza biologikoan diren 300 etxaldek eta gehiagok lan egiten du proiektu ekologiko honen alde. 

Ipar Euskal Herriko baratzezain talde batekin lan egiten duzue ?

Baratzezain biologikoan hasi ziren baratzezainek zuten BLE elkartea sortu 1993.urtean. Hastapenean baratzezainek berek egitez ikasi bazuten ere, geroztik baratzezainen artean egin lana aberatsa izan da. BLE elkarteak baratzezaingoan berezitua den teknikari baten postua sortu zuen baratzezainen arrangurei ihardesteko. 
Gaur egun, edozein baratzezainekin lan egiten du: laborantza biologikoan diren baratzezainekin, konbentzionalean ari direnekin eta pratikak aldatu nahi dituztenekin, baita baratzezaingoan plantatu nahi direnekin ere.  

Zenbat baratzezain dira gaur egun ipar Euskal Herrian  ? 
Ipar Euskal Herrian 80 baratzezain dira orotara, laborantza biologikoan ari eta ari ez direnak barne. Guztira ehun hektara alor dituzte eta hamar hektara negutegi. Itxura gorabehera, egoera ainitz aldatu da azken urteetan. 2006.urtean, lehen AMAP erosle taldeak (Laborantza iraunkorra sustatzeko elkarteak) sortu zirelarik, bertako baratzezaingoaren egoeraz ohartu zen jendea. Baratzezainak falta ziren erosleen beharrei ihardesteko. Tradizionalki, baratzezain guti da Ipar Euskal Herrian. Molde konbentzionalean ari ziren baratzezain batzuen ikustera joan ziren erosleak, ingurumena zaintzen duten lan moldeak erabil ditzaten bultzatuz. Baratzezaingoan hasten ziren baratzezain batzuekin lan egitea onartu zuten beste erosle talde batzuek. Gaur egun 32 erosle talde dira, eta denak bertako baratzezainekin lan egiten dute. Ez gira beti horretaz ohartzen, egoera ainitz hobetu dela alegia. 

Gaur egun hiruzpalau baratzezain plantatzen dira urtero. Gehienak baratzezaingo biologikoan berezitua den Hazparneko Aprendiz eskolaren BPREA formakuntzatik ateratzen dira. Laborarien lehen urratsa izaten da formakuntza hori. 
Baratzezaingoa egituratu da emeki emeki. Gauzak ongi egiteak denbora hartzen du, luzarat egonkorrak izan daitezen nahi bada.  

Zer gertatzen da sasoi hontan, zergatik baratzekari guti bada  ? 
COVID 19 krisiarekin, bertan ekoiztu barazkien eskaera emendatu da azkarki, barazki gutiena den sasoinean. Baratzezainek ohizko klienteak hornitzen segitzen dute: saskietako manuak goratu dira (doblatu ere batzuetan), saltegietan ere eskaera azkarra bada. Baratzezainek elgar laguntzen dute falta dituzten barazkiak trukatuz. Salmenta zuzena jarraikitzen dute etxaldeetan edo banatze guneetan. Ekoizten duten guztia saltzen dute. Eskerrak!
Eskaera emendatzearekin, baratzekari gutirekin gelditzen dira baratzezain gehienak. Merkatuak egiten dituzten baratzezain batzuk LEKUKOA laborari plataforman sartu dira, banaketa gune bat edo beste hornitzeko, ez salmenta gune orotan ordea. Ondorioz baratzekaririk ez da LEKUKOA banatze gune guztietan. Haatik Baionako bost baratzezain konbentzionalek, barazkiak banatzen dituzte Baionan. Apirilean gira eta usaian sasoi ttipia da barazkientzat  : neguko baratzekariak bukatzen ari dira (pourru, aza, lursagar, kuia,…) eta primadera-udako landatzeak (kuiatxo, tomate,…) ez dira oraino eginak. 

Pazientzia har dezagun, baratzezainak lanean ari dira tenore onean prest egoteko. Gainera, maiatz ondarretik harat, saskiak barazki ederrez hornituak izanen dira berriz. Fruituei dagokienez, apirila ondarra arte kiwiak izanen dira, gariguette motatako marrubiak maiatza arte eta dena ongi badoa, gereziak ekaina hastapenean agertuko dira. Ordukotzat, fruitu gorriak ere izanen ditugu. 

Laborantza biologikoan lanean hartzeak  zer suposatzen du ? 
Hurbiletik jarraiki behar da, artatzeko beharrik ez ukaiteko  ! Laborantza biologikoan ezin da ekai kimikorik baliatu, beraz hurbiletik zaindu behar da ekoizten dena.  Laborantza biologikoaren oinarrizko printzipio batzuk ematen ahal dira  : 
- Lurra oinarria da. Behar da lurra elikatu, landarea elikatzeko. Landareak behar dituen elikagai guziak eman behar zaizkio, ongarri organikoa edo minerala ekarriz  ; behar duena soilik, ez gutio, ez gehiago.  
- Landa eremuak aldizkatu behar dira. Ber motako landare bat ez da jartzen ahal bi aldiz segituan leku berean. 
Horri esker parasitismoa ttipitzen da. 
- Prebentzioan da dena jokatzen. Landareak usu zaindu behar dira, landarearen defentsa naturalak indartu behar dira, eta lursailaren araberako landare motak hautatu behar dira. 
Taldeko formakuntzak egiten ditugu jakitatea trukatzeko, alternatibak lantzen eta probatzen ditugu eta ondotik fitxa teknikoak idazten eta zabaltzen. Helburua da bertako lurra eta klimari egokitzea. Adibide bat baizik ez da, baina entseguak egin genituen ikusteko zein tomate mota hobekienik laketzen zen gure lurraldean. 

Zein dira ipar Euskal Herriko baratzezaingoaren berezitasunak  ? 
Baratzezain gehienak estruktura ttipietan plantatuak dira (1-4 hektara artean) eta gutienez hogei bat barazki mota desbardin ekoizten dituzte urte osoan. Eta hori aski zaila da, landareen itzulikatzeko eremu aski zabala behar baita. Beste eskualde batzuetan, baratzezainek etxalde handiagoak dituzte, tresna handiekin lan egiten dute, eta urtean baratzekari bakar batzuk egiten dituzte. Espezializatuagoak dira. Hori zinez desbardina da hemen. Barazki mota desberdinez osaturiko saski bat urte osoan ekoiztea egiazko buru-haustea da. Zinez teknikoa izan behar da, landatzeak aitzinetik planifikatu behar dira eta baratzekari bakoitza hurbiletik segitu behar da beti.  Barazki ainitz ekoizten denean eskulan frango bada, baratzeko landatzeko eta biltzeko. Lan ugaritan, tresna egokirik ez denez eskuz ari dira (ad. pastanagrearen belar kentzea). Beste batzuk, diru eskasez ez dira tresnatu eta eskuz ari dira. 
Lanari balio gehiago emateko salmenta zuzena garatu dute askok, ondorioz ordu ainitz pasatu behar dituzte etxetik kanpo saltzen. 
Baratzezain ugari beren baitarik hasi dira. Ainitzek aitortzen dute ez zutela fitsik lortuko familia eta lagunen hasierako laguntzarik gabe. Beste batzuek, aprendiz bat hartzen dute, baina gutik lanpostu iraunkor bat eskaini dezakete formakuntza behin finiturik.
Langile beharra arazoa da, alta baratzezaingoan balitaike enpleguak sortzeko bidea. 


Perspektiba baikorrik ba ote da tokiko baratzezaingo biologikoarentzat  ? 
Perspektiba baikorrena eskaera da, izan dadin AMAP erosle talde, bio saltegi, eskoletako jantegi edo haurzaindegiengandik. Gehienek barazki biologikoak eskatzen dituzte. Horren ondoan, baratzezaingoa garatzeko eta egituratzeko prest da. Tokian bertan baratzekariak laborantza biologikoan ekoiztea posible da. Eta gaurko egoerak erakusten du janaria munduaren puntu batetik besterat garraiatzeak ez duela zentzurik. Baiona inguruan, lehenagoko baratzezain ainitz baziren; gaur egun badira batzuk oraino, hogeita hamar bat baratzezain konbentzional alegia.  Horietarik batzuk azkarki interesatu dira teknika biologietan, laborantza biologikoaren lan-molde batzuk sarraraziz beren praktiketan. Ekintza konkretuak igurikatzen dira kolektibitateengandik hiri inguruetako laborantzako lurrak babes ditzaten, eta baratzezain berriak erakar ditzaten. Gure janaria ekoizteko lurra atxiki behar dugu. 
Laborantza biologikoan plantatu diren baratzezain gehienak barnekaldean dira. Bata bestearengandik urrun izanagatik, haien jakitatea eta esperientzia trukatzen dute aspalditik, eta hori beharrezkoa dugu plantatzen diren baratzezain berrien proiektuak bideratzeko. Hamar bat urtez, hogeitahamar bat baratzezain plantatu dira. Eta orain urteko bizpahiru laborari laguntzen ditugu baratzezaingo biologikoan instalatzen. 

Erosleak laguntzen ahal ote du baratzezaingoa garatzen  ? 
Bai. Erosleen eskaerak aukera berriak ekarri ditu laborantza biologikoan ari diren Ipar Euskal herriko baratzezainer, haatik luzarako engaiamendua izan behar du. Hori da Ipar Euskal Herriko AMAP sareak bete duena 15 urtez, gaur egun arte. Horretaz gain,  tokiko baratzezainek kontsumitzaileen eta ekoizleen saltegiak ere hornitzen dituzte. 
Baratzezaingo biologikoa garatu nahi bada, ingurumena errespetatzen dituzten lan moldeak erakutsi behar zaizkio laborariari, eta baratzezaingoan plantatzeko xedeak sustatu behar dira. Bi kasuetan, pazientzia hartu eta egoera kontutan hartu behar du erosleak.

Baratzezain berrien plantatzea nola sustatzen ahal da  ? 
Baratzezaingoan plantatu aitzin, proiektua ongi landu behar da. Ontsa formatu behar da, beste etxaldetan lan eginez esperientzia biltzeko. Bestalde, lur emankorra atzeman behar da, 30-40  000 €-ko aurrekondua bildu behar da (lurra gabe), etabar… Denbora utzi behar zaio proiektu eramaileari, bere proiektua ongi landu dezan. 
Ez dugu aski erraten, pazientzia hartu eta egoera kontutan hartu behar du erosleak. 
Laborantzako egiturek eta kolektibitateei dagokienez, bertako baratzezaingoaren garatzeko aukera sustatu behar dute, jendeartearen beharra eta nahiari ihardesten duelakotz. Ureztatzen ahal diren lur ordokiak beharrezkoak dira baratzezaingoan. Etxebizitzak hartu premiagatik, laborantzako lurrak azkarki galtzen dira, ezinezkoa da lurra erdiestea hiri bazterretan. Aski eremu zabala behar du baratzezainak laborantza biologikoan lan egiteko, landareen rotazioak edo lur aldizkatzeak ongi segurtatu ahal izateko  ; gainera landare batzuk 4-6 hilabetez mantentzen dira lurrean. 

 

Baratzezaingoan plantatu nahi den jendea bada, lurra xerkatzen duena. Guti gora behera 3 hektara lur ordoki eta emankor behar dira, ura hurbil izanik. Kriterio horiek betetzen dituen lur proposamenak baratzezaingoan plantatu nahi direnei helaraziko dizkiegu. Hiru urte barne, hamar bat baratzezain berri plantatzen ahal da. 
 

Negu hontan, hamar bat baratzezainek negutegiak galdu dituzte haize tenpestengatik. 
Guztira 5000 m² negutegi suntsitu dira, kalteak 500 000 €tan estimatzen dira. Negutegiaren azpian ziren baratzekariak galdu dituzte, ordezko materiala erosi behar dute eta negutegi berriak altxatzeko lan ordu asko dira. Energia ainitz behar da berriz partitzeko. Egoera honek ondorioak ukanen ditu udako eta larrazkeneko saskietan, barazki batzuk faltako dira. 

Egoera honen aitzinean baratzezainak bakarrik dira, Europako laborantzako laguntza gutirekin eta laborantzako kalte sistematik kanpo. 
Ber mementoan, garai hontan dituzte diru behar handienak tresorerian. Primaderako landatzeak egin behar dira, haziak eta landareak erosi behar dira, ongarri organikoak, etabar…

Botere publikoei egoera honen berri ematen diegu. Negutegien asegurantza sistema kolektibo bat eraiki nahi genuke. Botere publikoei egoera honen berri ematen diegu. Negutegien asegurantza sistema kolektibo bat eraiki nahi genuke. 

Baratzezainen urratsak sustatzen jarrai dezagun, egoera zail honi buru egiteko. 
Aste batzuen buruan eskertuko gaituzte, barazki eder eta onez bete saskiak hornituz.

BLE elkartearekin batera, elkartasun dei bat luzatzen dugu kaltetuak diren baratzezainen laguntzeko : 

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